Capital.com, courtier multi-actifs, recherche un Chief Executive Officer pour diriger une institution de monnaie électronique (Electronic Money Institution, EMI) agréée à Chypre et réglementée par la Banque centrale de Chypre. Le poste, basé sur l’île, est soumis comme toutes les fonctions dirigeantes d’une EMI au test de « fit and proper » de la Banque centrale. Il n’est toutefois pas clair, à ce stade, si Capital.com a déjà obtenu une telle licence, le courtier n’ayant pas répondu aux demandes de commentaire au moment de la rédaction.
Les courtiers en CFD cherchent de plus en plus à entrer dans les services de paiement et de monnaie électronique. Depuis des années, les banques traitent ces acteurs avec une certaine appréhension, en particulier à Chypre. L’ouverture et la maintenance de comptes de fonds de clients se révèlent souvent complexes, les établissements prêteurs se montrant prudents face aux risques réglementaires et de réputation.
Deux approches pour les institutions de monnaie électronique
Le secteur des EMI offre deux voies principales. La première consiste à détenir directement la licence. eToro a suivi cette voie en 2020 en acquérant Marq Millions, basé au Royaume-Uni, et en le rebaptisant comme son bras paiement, tout en obtenant une autorisation de la Malta Financial Services Authority pour proposer ses services dans l’Espace économique européen.
Cette stratégie est coûteuse. À Chypre, une licence d’EMI requiert au moins 350 000 € de capital initial, auxquels s’ajoutent des frais de demande et de conseil pouvant rapidement augmenter. Le libellé de l’offre d’emploi publiée par Capital.com suggère une préférence pour ce modèle de détention directe de la licence.
L’alternative repose sur des partenariats. XTB a par exemple lancé un portefeuille électronique et une carte de débit en s’associant avec DiPocket UAB dans le cadre d’un accord en marque blanche.
Vers des écosystèmes de type « super app »
Une licence d’EMI permet aux courtiers de détenir des soldes, de traiter des paiements, d’émettre des cartes et de proposer des portefeuilles, le tout au sein de leur propre écosystème. Ces fonctionnalités rapprochent progressivement ces plateformes de modèles de « super apps », combinant trading, services bancaires et paiements dans une interface unique.
Capital.com a communiqué de manière limitée sur ce projet, mais cette initiative potentielle dans les EMI, combinée à sa poussée dans le domaine de la crypto-bourse, indique une trajectoire vers un positionnement similaire à celui d’une application financière intégrée.




