La Swiss Financial Market Supervisory Authority (FINMA) fait état d’une forte hausse des cas problématiques impliquant des gérants de fortune indépendants, avec un doublement des dossiers ouverts en 2025 par rapport à l’année précédente. Selon des indications publiées mercredi, l’autorité constate la récurrence de mêmes types de manquements dans les portefeuilles de clients, notamment des conflits d’intérêts, des contrôles de suitability superficiels et le recours à des produits complexes inadaptés à de nombreux investisseurs.
En 2025, la FINMA a ouvert 68 cas de surveillance liés à des gérants de fortune, contre 34 en 2024 et seulement neuf en 2023. Les entités concernées relèvent de l’article 17 de la Loi sur les établissements financiers, le régime qui a soumis les gérants de fortune indépendants à une surveillance directe avec l’octroi de licences à l’issue de la période transitoire fin 2022. Fin 2025, environ 1 664 gérants et trustees disposaient d’une licence.
Conflits d’intérêts et produits émis par les gérants
La FINMA observe un schéma particulièrement marqué autour de produits émis ou structurés par les gérants eux-mêmes. L’autorité met en lumière des structures de frais opaques et empilées, des incitations financières récompensant le placement de clients dans les produits maison, ainsi que des portefeuilles concentrés en contradiction manifeste avec les profils de risque des clients.
Les produits concernés incluent des fonds étrangers sans surveillance équivalente, des produits structurés tels que des certificats gérés activement, ainsi que des titres émis par des émetteurs non réglementés à l’étranger. La FINMA souligne que ces choix d’investissement ont exposé les clients à des risques significatifs, parfois en lien avec des avoirs destinés à la prévoyance vieillesse.
Défaillances de suitability et portée de la guidance
L’autorité de surveillance signale également des manquements en matière de suitability, certains gérants ayant investi des clients dans des instruments à haut risque ou illiquides sans vérifier de manière adéquate l’adéquation de ces produits avec leur situation financière, leurs objectifs et leur appétit pour le risque. Les actifs des clients exposés s’étendent de plusieurs dizaines de millions à plusieurs centaines de millions de francs suisses.
La moitié des cas ouverts en 2025 provient des organisations de surveillance chargées du contrôle quotidien du secteur, l’autre moitié étant issue de signalements de tiers. La guidance publiée ne s’accompagne d’aucune mesure d’exécution visant des établissements nommément identifiés. Elle se limite à rappeler les règles existantes en matière de suitability, de gouvernance et de gestion des conflits d’intérêts auxquelles les gérants sont déjà tenus de se conformer.




