La Financial Markets Authority (FMA) de Nouvelle-Zélande a annoncé mercredi qu’elle rejoignait 16 autorités de supervision dans le cadre de la deuxième Global Week of Action contre les finfluenceurs enfreignant la loi. Cette opération coordonnée, lancée le 20 avril et se poursuivant sur la semaine, s’étend désormais sur cinq continents et inclut des centres majeurs de trading de détail tels que Singapour, Hong Kong, les Émirats arabes unis et l’Australie.
Dans le cadre de cette initiative, la FMA a indiqué avoir contacté 14 finfluenceurs actifs sur plusieurs plateformes de réseaux sociaux. Selon le régulateur, ces démarches ont déjà conduit au retrait de contenus trompeurs ou préjudiciables, incluant des publicités ciblant le public néo-zélandais. Certains opérateurs ont réduit l’ampleur de leurs offres, tandis que d’autres ont cessé de servir les clients basés en Nouvelle-Zélande.
Une coalition mondiale élargie et un focus sur la protection des investisseurs
La FMA a souligné que la majorité des finfluenceurs opèrent dans le respect de la réglementation et peuvent contribuer à élargir l’accès à l’investissement. Toutefois, l’autorité constate une hausse des cas où certains acteurs dépassent le cadre réglementaire ou induisent leurs abonnés en erreur. Samantha McGuire, responsable des services de régulation à la FMA, a indiqué que la montée en puissance des promotions financières sur les réseaux sociaux impose une collaboration internationale afin de renforcer la protection des consommateurs, de les prémunir contre les communications financières trompeuses et de soutenir un environnement en ligne équitable.
L’édition 2026 marque une expansion nette par rapport à l’opération inaugurale de 2025, qui rassemblait neuf régulateurs sous la conduite de la Financial Conduct Authority (FCA) du Royaume-Uni. La coalition actuelle inclut notamment ASIC en Australie, la FSMA en Belgique, la CVM au Brésil, trois autorités canadiennes, la Danish FSA, la SFC de Hong Kong, SEBI en Inde, la Central Bank of Ireland, Finanstilsynet en Norvège, deux régulateurs qataris, la Monetary Authority of Singapore, la UAE Capital Market Authority et la FCA.
Copy trading, luxe ostentatoire et réponses différenciées des régulateurs
Le copy trading est identifié comme un risque prioritaire par la FMA, qui observe des incitations de finfluenceurs à répliquer leurs transactions comme voie présentée à tort comme simple vers le profit. Ces offres reposent souvent sur des produits complexes et à haut risque, mis en avant à travers des images de voitures de luxe, de biens de créateurs et d’autres marqueurs de richesse, minimisant les risques réels. Ce schéma fait écho aux constats des autres membres de la coalition.
La FCA a ainsi engagé des poursuites pénales contre trois finfluenceurs, Charles Hunter, Kayan Kalipha et Luke Desmaris, pour promotion non autorisée de contrats sur différence (CFD), en soulignant l’usage de « lavish lifestyles, souvent faussement, pour promouvoir le succès ». ASIC a, de son côté, émis 18 avertissements en 2024 à l’encontre de finfluenceurs australiens soupçonnés de promouvoir des CFD et dérivés de gré à gré sans licence.
Les approches d’exécution varient selon les juridictions. La FCA a publié plus de 50 alertes, demandé plus de 650 retraits de contenus et cité un dossier impliquant environ 90 000 investisseurs de détail pour une perte totale d’environ 75 millions de livres sterling via une société promue par des personnalités en ligne. La SFC de Hong Kong a obtenu en novembre la première peine de prison contre un finfluenceur, Chau Pak Yin, condamné à six semaines pour la gestion d’un groupe Telegram payant offrant des conseils d’investissement non autorisés. Aux Émirats arabes unis, la Securities and Commodities Authority est devenue la première au monde à exiger une licence pour la production de contenus financiers en ligne.
Position de la FMA et essor durable des contenus financiers en ligne
La FMA s’inscrit dans un modèle davantage axé sur l’exécution, sans régime de licence autonome pour les créateurs de contenus en ligne. Le régulateur propose déjà un durcissement du cadre des dérivés de détail, incluant des plafonds d’effet de levier jusqu’à 30:1 sur les CFDs destinés à la clientèle de détail, et a auparavant annulé la licence d’émetteur de dérivés de Rockfort Markets à l’issue d’un différend prolongé sur la conformité.
Cette offensive de supervision se heurte à une demande croissante de contenus financiers numériques. Un sondage de BaFin auprès de 1 000 investisseurs récents montre que plus de la moitié des répondants des générations Y et Z considèrent les réseaux sociaux comme une alternative viable au conseil financier traditionnel, et 57 % des abonnés de finfluenceurs ont acheté des produits directement via les liens partagés. Une étude de CMC Markets citée par la FCA indique que 33 % des traders de détail sont plus susceptibles d’agir sur une opération lorsqu’un influenceur suivi signale une opportunité.
Pour la Nouvelle-Zélande, la FMA accompagne cette semaine d’action mondiale d’une série de publications pédagogiques sur les réseaux sociaux destinées aux consommateurs et aux finfluenceurs, de la diffusion d’un podcast sur les risques du secteur et de la mise à jour de ses pages de recommandations pour ces deux publics.




