Le président sortant de l’Australian Securities and Investments Commission (ASIC), Joe Longo, a utilisé son dernier discours dans ses fonctions pour appeler à une interdiction des communications non agréées concernant la retraite (« superannuation »). Il a ciblé en particulier les canaux de génération de prospects qui ont orienté des clients vers des schémas sans valeur, les qualifiant de forme de « misconduct à l’échelle industrielle » visant l’épargne retraite des Australiens.
Intervenant jeudi à la conférence de Financial Counselling Australia à Cairns, Joe Longo a décrit comment les appels à froid et les canaux en ligne exploitant un système de retraite australien d’environ 4 000 milliards de dollars australiens ont conduit à des cas où des épargnants ordinaires, s’étant inscrits pour un contrôle gratuit de leur retraite, ont au contraire perdu l’ensemble de leurs économies. Il a exhorté le gouvernement fédéral à intervenir à la source plutôt que de poursuivre des opérateurs individuels une fois les dommages déjà causés.
Cette proposition s’inscrit dans le cadre d’une offensive plus large de l’ASIC contre les réseaux de référencement qui ont dirigé des investisseurs vers deux des défaillances les plus emblématiques du mandat de Joe Longo : le Shield Master Fund et le First Guardian Master Fund. Selon lui, environ 421 millions de dollars australiens ont été restitués aux investisseurs dans ces deux dossiers à ce jour, tandis que les procédures d’exécution visant des trustees, des conseillers et des sociétés de référencement se poursuivent devant les tribunaux.
Joe Longo a également repoussé les suggestions selon lesquelles l’ASIC devrait régler davantage de dossiers de manière discrète. Il a affirmé que les régulateurs doivent « aboyer et mordre » pour être efficaces, défendant ainsi la posture d’application publique qui a caractérisé son mandat. Le président a rappelé un renforcement de l’exécution qui a plus que doublé le nombre d’enquêtes formelles menées chaque année par l’ASIC et environ quadruplé la valeur des sanctions obtenues.
Depuis le début de l’exercice en cours, environ 411 millions de dollars australiens de sanctions civiles ont été sécurisés, après un montant record de 583 millions de dollars australiens restitués aux consommateurs au second semestre 2025. Par ailleurs, l’ASIC a démantelé près de 12 000 sites de phishing et de fraude à l’investissement au cours de l’année écoulée.
Joe Longo a également signalé l’« agentic AI » comme prochain point de pression pour le régulateur, indiquant un nouveau champ de vigilance pour l’ASIC. Il a enfin rappelé que la vice-présidente Sarah Court lui succédera à la fin de son mandat le mois prochain, devenant la première femme à diriger l’ASIC depuis la création de l’agence en 1991.




