UP Fintech Holding, la société derrière l’application Tiger Brokers, a enregistré une perte nette de 26,9 millions de dollars au premier trimestre se terminant le 31 mars, contre un bénéfice net de 30,4 millions de dollars un an plus tôt. Cette dégradation intervient alors même que le chiffre d’affaires du courtier coté au Nasdaq (NASDAQ : TIGR) a augmenté de 26,3 % pour atteindre 154,9 millions de dollars.
Le retournement des résultats est principalement lié à une sanction imposée par le bureau de Pékin de la China Securities Regulatory Commission (CSRC). Le 22 mai, le régulateur a ordonné la confiscation de revenus jugés illégaux et infligé des amendes administratives pour un montant total d’environ 411 millions de yuans, soit environ 59,7 millions de dollars. Selon les autorités, certaines filiales de Tiger Brokers ont exploité une activité transfrontalière de titres sans licence et mené des opérations illégales sur fonds et contrats à terme en Chine continentale.
La sanction se compose d’environ 308 millions de yuans d’amendes et de 103 millions de yuans de revenus confisqués. Comptabilisée dans la ligne « autres, net », elle a fait basculer ce poste en charge de 64,1 millions de dollars et entraîné une perte avant impôts de 16,5 millions de dollars. Sans cette charge exceptionnelle, la société serait restée profitable sur la période.
Cette action s’inscrit dans une vague de renforcement de la supervision qui touche d’autres plateformes en ligne. Futu Holdings a ainsi été informée à la mi-mai par la CSRC et son bureau de Shenzhen de projets d’amendes d’environ 271 millions de dollars pour des accusations similaires, portant sur des activités de négociation de titres, de vente de fonds et de contrats à terme en Chine continentale sans les autorisations requises. Les autorités chinoises ont également signalé des mesures visant une entité néo-zélandaise de Tiger Brokers et une filiale hongkongaise de LongBridge Securities, illustrant un durcissement à l’égard des plateformes acheminant des clients du continent vers les marchés étrangers.
En parallèle, les fondamentaux opérationnels de UP Fintech sont restés bien orientés. Les commissions ont progressé de 15,3 % à 67,2 millions de dollars, soutenues par une hausse des volumes de négociation, tandis que le revenu d’intérêts a augmenté de 19,8 % à 64,5 millions de dollars. Les autres revenus, associés par le groupe à son développement dans la gestion de patrimoine, ont bondi à 20,7 millions de dollars, contre 7,9 millions un an plus tôt.
Sur le plan client, UP Fintech a ajouté 28 900 comptes financés au cours du trimestre, la grande majorité provenant des marchés de Singapour et de Hong Kong. Le nombre total de comptes financés a atteint 1,28 million, en hausse de 11,3 % sur un an. Les apports nets de capitaux se sont élevés à 2,9 milliards de dollars, marquant le premier trimestre où les flux nets provenant des comptes de détail consolidés dépassent 2 milliards de dollars.
Concomitamment à la publication de ces résultats, le conseil d’administration a approuvé un programme de rachat d’actions pouvant atteindre 50 millions de dollars sur une période de 12 mois à compter du 1er juin, financé par la trésorerie disponible.




